Travailler en open-space : liberté réelle ou fictive ?

Travailler en open-space : liberté réelle ou fictive ?

En France, le travail en open-space est très souvent décrié, notamment depuis le début des années 2000. Fréquemment associé aux centres d’appels et à leurs inconvénients, le travail en open-space est de plus en plus utilisé par d’autres corps de métiers, comme les agences de communication et les cabinets d’architecture. Donc, à ce titre, il mérite d’être mieux valorisé.

Ouvert sur des points…

En effet, le travail en open-space permet, entre autres choses, d’augmenter la productivité et d’améliorer les contacts sociaux. Dans le cadre d’une organisation à l’horizontale, par exemple, cela permet de regrouper des gens aux compétences variées dans un même endroit et que leur communication soit facilitée. Chacun peut se lever librement pour aller collaborer avec un collègue ou changer les cartouches de l’imprimante pour tout l’open-space. On peut questionner son voisin de gauche sur telle ou telle problématique et puis la proximité peut permettre de gagner en confiance et en motivation. L’esprit d’équipe s’en trouve renforcé, tout comme la créativité.

…cloisonné sur d’autres

Pour autant, seuls 55% des Français seraient favorables à cette manière de travailler, bien loin derrière les Anglais (à 89%), comme le montre une récente étude ; la promiscuité et les bruits étant les inconvénients les plus cités. En effet, entre les sonneries permanentes des téléphones, les collègues qui se parlent (hurlent ?) d’un bout à l’autre de la pièce, le voisin de droite qui met de la musique…il y aurait de quoi dire !

Il y a aussi le problème lié à l’intimité : n’importe qui peut jeter un œil sur l’ordinateur du voisin, constatant alors que ce dernier visite par exemple le dernier réseau social à la mode ou regarde des séries TV. N’importe quelle conversation, qu’elle soit professionnelle ou privée, est forcément entendu et donc, potentiellement disséquée, analysée voire moquée.

Axes d’amélioration et alternatives

Certains métiers sont bien évidemment plus faciles que d’autres en open-space : l’architecture ou le journalisme, par exemple, avec des petites cloisons ou non, sont moins contraignants en open-space qu’un centre d’appels, son brouhaha constant et son taux de stress fixé à un niveau inhumain.

Pour se sentir bien dans un open-space, il convient de le personnaliser, avec des cadres, des plantes…et tout ce qui pourrait donner un côté « humain » à cette manière de travailler. L’open-space est majoritairement présent dans la plupart des entreprises français actuelles.

Toutefois, une autre méthode de travail se démocratise, depuis quelques années maintenant : le desk-sharing. Cette méthode, venue des pays anglo-saxons, consiste à remplir les bureaux vides en fonction des absences des uns et des autres. Aucun bureau n’est donc attitré. Néanmoins, cette optimisation de l’espace de travail peine à séduire son public, en particulier en France.

Les bureaux fermés et unitaires sont désormais considérés comme obsolètes et seuls les « chefs » y ont encore accès. Et par « chefs », on parle bien ici des cadres supérieurs, des N+2, et pas de simples managers qui, eux, restent cantonnés dans l’open-space.

Paradis pour les autres, enfer pour les autres, en liberté réelle ou surveillée, l’open-space séduit autant qu’il divise. Il appartient à chacun de trouver l’organisation qui lui convient le mieux, dans le respect de ses propres valeurs et de ce qu’il est prêt (ou non !) à supporter. En attendant…au travail, et avec le sourire !

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